Guess who's back ?


"C'est pas le casse du siècle, mais fidèle à son contexte c'est vendu sans promo"...
Dear HipHop, Cher HipHop, du pareil au même, ce blog est plus à prendre comme une lettre ouverte à cette culture que comme une véritable analyse, profonde et impartiale. Avec une approche la plus journalistique possible, j'espère que je réussirai à vous donner envie d'écouter de nouvelles choses et ainsi d'entrer dans mon monde.

Bienvenue à tous, HipHopement votre, Justin D. Freeman.


11/01/2008

dimanche 29 mars 2009

Spotify : la nouvelle révolution de la musique gratuite ?



Oubliez Deezer, Fairtilizer, imeem et (presque) Last FM ! Le son gratuit et (plus que jamais) dématérialisé passera par le logiciel ! Le modèle 100 % gratuit -on le sait- fonctionne mal : vous voulez un exemple flagrant ? Le service des radios Last FM coûtera bientôt 3 € par mois ! Quel est l'intérêt du nouvel outil qu'est Spotify ? Il est gratuit sous réserve d'accepter de petits messages publicitaires. Pour ceux qui ne supporteraient pas les capsules commerciales de 10 secondes tout les 10 morceaux, il existe cependant deux formules payante : le daily pass à 99 cents et l'accès premium à 9,99 € par mois.

Au niveau de l'ergonomie, Spotify est un copie presque conforme d'iTunes : inutile de dire à quel point la navigation est simple et claire ! Le système du drag & drop fonctionne à merveille et le logiciel ne "consomme" pas plus de mémoire ram qu'un onglet de Firefox. Bonheur "ultime", le lecteur permet l'utilisation des touches additionnelles de nos clavier : play/pause et compagnie.

Autre point fort de Spotify, c'est le catalogue "relativement" étoffé. Concrètement tout ce qui est chez Universal, Sony, EMI ou Warner est couvert. Si l'on devait faire un reproche, tout ce qui s'approche d'un label indépendant passe à la trappe : pas de trace d'Orelsan (3ème bureau/Wagram), de Flynt (Label rouge prod), ni de Cunninlynguists (A piece of strange music) pour le moment.

Pour ce qui est des biographies d'artistes, elles proviennent directement de Allmusic et non de Wikipédia (comme c'est le cas sur Last FM par exemple). Le contenu est donc de qualité mais disponible uniquement en Anglais pour l'instant...

Enfin, puisque l'adage recommande de garder le meilleur pour la fin, il est temps de passer à la cerise sur le player : Spotify propose un scrobbling automatique de vos morceaux dans Last FM ! Il était temps que quelqu'un y pense ! En revanche il faudra alors se satisfaire des tags "approximatifs" (ou trop exhaustifs, au choix) qui nous sont proposés...

Le logiciel est encore en phase de bêta test, disponible uniquement sur "invitation". Le projet est en tout cas si séduisant qu'il se pourrait bien que Spotify devienne la référence en matière de musique gratuite sur la toile.

mardi 2 décembre 2008

Orelsan : la providence est provinciale !


Orelsan a 26 ans dont 14 d'âge mental. Il est Caennais et aime montrer que sa garde robe n'a rien à envier à celle d'un Parisien... Efficace et ambitieux, ce rappeur au visage arrogant pourrait bien devenir le rookie of the year 2009...

Ne le confondez pas avec la nouvelle scène alternative ! S'il fait partie de la génération internet, le discours du MC est autrement plus intéressant qu'il a su se forger une identité forte. Créateur d'un rap phallocrate et cynique, tantôt drôle tantôt touchant, il est presque comparable à Fuzati. Au détail près que lui sait poser ses mots... Le parolier possède un véritable flow, parfaitement drivé par les productions de Skread.

Avec des thèmes nouveaux emprunts d'un univers multimédia, Orelsan zigzague entre dessins-animés et films pornos. Jonglant comme personne avec ses références, il a les mots parfait pour faire sensation. Adulescent dans ses textes, Orelsan garde un ton faussement naïf et il le justifie bien : "Je rappe parce que j'aime bien être seul dans mon coin et réfléchir à toutes les conneries que je n'ai pas pu dire dans la vraie vie". Des conneries ? Pas tant que ça...

Après le raz-de-marée MySpace, on est en droit de se demander à quoi tient l'engouement autour d'Orelsan. Charismatique et simple, c'est un artiste qui se lâche. La force de ses punchlines ravira les puristes tandis que les jeunes de la France entière se reconnaitront dans ses paroles teintées d'un quotidien monotone : "Les vieux comprennent pas ce qui se passe dans la tête des jeunes, ils sont pas élevés par la télé par la playstation... Ils comprennent pas à quel point on est fêlés, ils connaissent pas internet, les boites, les grecs, les DVD..." .

En attendant la sortie de Perdu d'avance, son premier album prévu pour février prochain, il vous reste une ultime occasion d'aller voir Orelsan à la boule noire (Paris XVIII), le 17 décembre prochain.

lundi 20 octobre 2008

Doc Gynéco - Première consultation (1996)


Doc Gynéco - Première consultation

01. Doc Gynéco - Viens Voir le Docteur (5:22)
02. Doc Gynéco - Dans Ma Rue (4:01)
03. Doc Gynéco - Nirvana (5:38)
04. Doc Gynéco - Passement de Jambes (3:55)
05. Doc Gynéco - Né Ici (4:33)
06. Doc Gynéco - Vanessa (5:26)
07. Doc Gynéco - Classez-Moi Dans la Variet (4:17)
08. Doc Gynéco - Les Filles du Moove (4:14)
09. Doc Gynéco - Si Tu Crois Que Je Peze (3:40)
10. Doc Gynéco - No Se Vende la Calle (4:17)
11. Doc Gynéco - Celui Qui Vient Chez Toi (4:11)
12. Doc Gynéco - Est-Ce Que Ça le Fait ? Feat. Passi (4:32)
13. Doc Gynéco - Tel Père Tel Fils (Papa Was a Rollin' Stone) (4:14)
14. Doc Gynéco - Première Consultation (4:06)
15. Doc Gynéco - Ma Salope À Moi (4:12)


Le médecin le plus controversé du moment sera bientôt de retour sur le devant de la scène avec son huitième album. Douze ans après ses débuts c'est le moment ou jamais de revenir sur une pièce maitresse du Rap français : l'ultra classique Première consultation.

C'est l'histoire d'un player de Paris nord : Bruno Beausir. Baptisé Doc Gynéco par ses amis pour vanter ses qualités de séducteurs, il présente avec son premier album son personnage et son univers. Reconnu sans pour autant se montrer consensuel il fait partie de ces rares artistes qui ont su vulgariser la vulgarité : du jamais vu depuis Gainsbourg.

Homme affable avec les belles femmes, cynique, ironique mais profondément attachant, Doc Gynéco dépeint toujours son milieu avec beaucoup de justesse. Sans réfléchir en lieu et place de son auditeur il joue avec les codes aussi bien qu'avec les mots : "pour un passement de jambe, c'est une sacrée mise à l'amende" !

Metteur en scène, le rappeur arrive à présenter chaque morceau avec un point de vue différent. Seul point commun entre tous les morceaux ? L'absence de complexes : de Vanessa à Dans ma rue "à chacun ses vices, à chacun sa 8.6"... Dans l'âge d'or du Rap français, Doc Gynéco était déjà un bel ovni !

Solide et cohérente sa Première consultation transpire d'une sincérité rare : on sent l'homme épanoui. Toujours plus créatif en adjectifs caractérisant les femmes il n'en est pas moins conscient de son image. Finalement après une seule écoute on est assez d'accord avec lui : "arrêtez de lui prendre la tête, classez le dans la variet' "...


Le Myspace : http://www.myspace.com/docgyneco

mardi 30 septembre 2008

Vidéo : Kourtrajmé - Go fast connexion (2008)

Kourtrajmé, c'est généralement radical : on aime ou on déteste. Si le grand public connait le collectif, c'est d'abord pour Sheitan, Stress ou encore Trankillement... Présents depuis bien plus longtemps que ça, ils ont d'abord fait leurs armes sur de petits court-métrages (Les frères wanted, Easy pizza riderz...) ou alors dans les clips de groupes novateurs et alternatifs (TTC en particulier...), ils s'attaquent aujourd'hui à plus lourd, bien plus lourd.


Go fast connexion part comme un vulgaire reportage de chaîne privée... On sent le travail anglé, sérieux. L'impression est d'ailleurs appuyée par la présence de Charles Villeneuve dans le lancement. Très vite, la violence et les clichés apparaissent, laissant entrevoir une triste réalité : misère sociale, trafic de drogue, etc...

Il n'apparait pas évident au néophyte que Ladj Ly signe ici une fiction, et pour cause : le scénario est bien ficelé, l'utilisation de fausses caméras cachées est judicieuse... Le "documentaire" apporte plus de questions que de réponses sur la valeur du métier de journaliste. Quelle moralité tenir ? Peut-on -encore une fois- tout montrer ? La fin justifie-t-elle les moyens ?

La vidéo se termine de manière très Kourtrajmienne : malsaine et anxiogène, à la manière des médias traditionnels. Le principal "écueil" de Stress a cependant été évité : une scène finale explique que ce n'était qu'une fiction. Dommage, préférant éviter la trop grosse polémique le collectif fait perdre du "charme" au document.

Sans retomber à nouveau dans la philosophie de bas étage, le questionnement persiste : que nous offrent les médias ? Le français moyen dispose-t-il d'assez de discernement pour digérer ce type de document ? Est-ce au contraire la faute des rédaction qui font malheureusement dans le sensationnalisme ? Sous couvert d'une pseudo-indépendance nouvelle, que penser de tous les nouveaux supports d'information multimédias ?

dimanche 21 septembre 2008

The Streets - Everything is borrowed (2008)



The Streets - Everything Is Borrowed

01. The Streets - Everything Is Borrowed (4:03)
02. The Streets - Heaven For The Weather (3:27)
03. The Streets - I Love You More (Than You Like Me) (3:44)
04. The Streets - The Way Of The Dodo (3:33)
05. The Streets - On The Flip Of A Coin (3:20)
06. The Streets - On The Edge Of A Cliff (3:03)
07. The Streets - Never Give In (3:25)
08. The Streets - The Sherry End (2:46)
09. The Streets - Alleged Legends (3:11)
10. The Streets - The Strongest Person I Know (3:02)
11. The Streets - The Escapist (5:15)

Quatrième album déjà pour The Streets ! À raison d'un opus tous les deux ans, Mike Skinner -de son vrai nom- est un artiste plutôt prolifique... Après le magnifique The hardest way to make an easy living, la barre était placée bien haut. Faire mieux ou au moins aussi bien n'était pas chose facile...




L'industrie du disque plus que jamais en crise, il y a quelques albums que l'on attend et que l'on écoute attentivement dès leur sortie. Everything is borrowed est clairement de ceux là. Riche musicalement, peut-être plus même que le précédent, il marque un petit tournant dans la carrière de l'artiste de Birmingham.

Leitmotiv de l'oeuvre, la guitare appuie des chants efficaces mais malgré tout trop présents pour un album estampillé Rap. Certains morceaux, au contraire (The strongest person I know, I love you more...) reprennent la formule de l'album précédent : Mike parle et chante sur de belles mélodies jouées au piano.

Quelques morceaux Up-tempo (Heaven for the weather, The way of the dodo...), vont de leur côté casser la relative mollesse de certaines pistes. Moins plaintif que le précédent opus, celui ci pose les choses à plat et ce n'est pas plus mal, bien au contraire !

Même si le The Streets n'a pas l'habitude de faire de longs disques, Everything is borrowed reste trop court avec seulement 11 pistes... De quoi rester sur sa faim pour un album somme toute cohérent et bien ficelé.



Le Myspace : http://www.myspace.com/thestreets

Télécharger Never give in : ICI

lundi 25 août 2008

The Saturday Knights - Mingle (2008)



The Saturday Knights - Mingle

01. The Saturday Knights - 45' (2:49)
02. The Saturday Knights - Count It Off (3:05)
03. The Saturday Knights - Dog Park (3:18)
04. The Saturday Knights - Foreign Affair (3:23)
05. The Saturday Knights - Mutt (2:43)
06. The Saturday Knights - Private School Girls (2:25)
07. The Saturday Knights - Motorin (3:10)
08. The Saturday Knights - Patches (2:54)
09. The Saturday Knights - Surf Song (3:45)
10. The Saturday Knights - Nobody Beats Us (2:45)
11. The Saturday Knights - Ass Kicker's Haircut (2:41)
12. The Saturday Knights - I Go (1:26)
13. The Saturday Knights - The Gospel (3:02)


Il faut croire que les derniers temps sont durs en matière de Hip Hop américain pur et dur... Les places fortes ne sont plus ce qu'elles étaient... Le revers de la médaille c'est qu'en revanche jamais la scène indépendante de "l'autre Amérique" n'est apparue aussi forte ! The Saturday Knights, c'est encore une grosse claque venue d'un bled qu'on n'attendait pas : Seattle.

La fraicheur de ce son est incroyable ! On a aucune idée du genre musical, mais qu'est ce que c'est bon ! Ça rappe et ça chante sur des production Reggae comme sur des gros riffs Rock ou Blues. Cet album est absolument bluffant ! Sans arrêt pris à contre pied, on retrouve un esprit vaguement Nerdien (de l'époque Fly or die), la voix mielleuse de Pharrell en moins... Jugez par vous-même



Les instruments et les platines se chevauchent avec une aisance déconcertante mais l'ensemble reste assez brut. Le groupe est à son image : déjanté ! Entre camionneurs et backpackers, l'allure des membres est intriguante et c'est complètement à l'image du groupe : Mingle ressemble à un mashup d'influences.

Quelques titres se démarquent difficilement tant le niveau est élevé : Count it of, Private school girls et Patches sont particulièrement réussis dans des délires assez différents.

L'impression globale est d'avoir affaire à des adolescent ne sachant pas se positionner... Loin d'être négative, cette remarque souligne simplement l'ouverture d'esprit et l'impertinence dont The Saturday Knights fait preuve. À l'image de la pochette de l'album, on semble enfin prendre de la hauteur et se détacher de beaucoup de carcans... D'autant que le groupe offre Mingle aux internautes, vous n'avez plus d'excuses maintenant !!!




Télécharger légalement Mingle : ICI (entrez simplement votre adresse mail, pas de spam, pas de newsletter)

Le Myspace : http://www.myspace.com/thesaturdayknights

Cunninlynguists - Dirty acres (2007)



Cunninlynguists - Dirty acres

1. Cunninlynguists - Never feat. Big Rube (3:05)
2. CunninLynguists - Valley Of Death (2:35)
3. CunninLynguists - Dirty Acres (4:02)
4. CunninLynguists - Kentucky (Interlude) (0:50)
5. CunninLynguists - K.K.K.Y. (2:19)
6. Cunninlynguists - Wonderful feat. Devin the Dude (3:27)
7. Cunninlynguists - Yellow Lines feat. Phonte & Witchdoctor (4:55)
8. Cunninlynguists - The Park (Fresh Air) feat. Chizuko Yoshihiro (3:18)
9. CunninLynguists - Summer's Gone (1:49)
10. CunninLynguists - They Call Me (Interlude) (0:44)
11. Cunninlynguists - Gun feat. Sheisty Khrist (3:14)
12. CunninLynguists - Dance For Me (3:20)
13. CunninLynguists - Georgia (3:50)
14. CunninLynguists - Things I Dream (4:18)
15. Cunninlynguists - Mexico feat. Club Dub (4:24)


Cunninlynguists, c'est tout un programme ! Si le nom peut évoquer un film porno, il n'en est rien. Rien à voir non plus avec une espèce de groupe de trance qui ferait de clips obscènes son fond de commerce... Que nenni ! Même si l'allusion est claire, dans la langue de Shakespeare, cunnin' signifie "rusé"... Le groupe, originaire du Kentucky est connu pour avoir un univers musical très marqué. Le dernier album en date, Dirty acres ne déroge pas à la règle...

Un drapeau américain détourné et trois visages neutres... La pochette est sobre mais pose le thème. Les 50 étoiles représentant les états U.S. n'apparaissent plus mais ils ont laissé la place aux Dirty acres, comprenez les Terres sales ; d'un passé ségrégationniste sans doute... Sans tomber dans l'explication cheap, il faut bien se rendre à l'évidence. Un groupe multiethnique dans l'Amérique profonde, ce n'est pas tout à fait naturel...

"The MC's too dark, the producer too white. Found the lyrics too loose, man the beats is too tight...".

Deacon the Villain, Natti (dans le groupe depuis 2005) et le beatmaker Kno ont sorti ce quatrième album en novembre 2007, dans la lignée d'A piece of strange. L'univers est assez sombre mais certains morceaux sont carrément planant. Dans la rêverie, la nostalgie ou même dans l'amertume le groupe est à l'aise. Ce n'est pas compliqué : les Cunninlynguists sont efficaces lorsque Kno exprime son génie.

De morceaux presque lascifs (Mexico, Dance for me... ) à des productions plus agressives (K.K.K.Y. ...) , le niveau est globalement très enlevé. À saluer aussi, les très bons choix de featurings. Aujourd'hui peu d'artistes font preuve d'autant de justesse dans les collaborations (cf Kanye West... ). Avec des pointures backpack telles que Phonte ou encore Devin The Dude, Cunninlynguists tape juste. Dirty acres est un disque cohérent, et très harmonieux. Il défilera sans soucis du début à la fin sans anicroche.

Trève de bavardages, regardez plutôt le clip de K.K.K.Y., cette track est la plus péchue de l'album mais reste assez évocatrice de l'univers dans lequel le groupe évolue.

"K.K.K.Y., more then what you think it is... Ain't just tobacco, some bourbon and where horse racin' live ! This is for my Malt Makers, I keep my flask tipped. Live where the grass crip, steppin' with my blood...".



Le Myspace : http://www.myspace.com/cunninlynguists